Un essai-enquête de Mickaël Mina, Directeur Stratégie IA. Publié chez Dunod.
Le 29 janvier 2026, ServiceNow publie ses meilleurs résultats depuis neuf trimestres. Et perd 11% en une journée. Ce chapitre pose les faits, les chiffres, la chronologie. Sans interprétation encore.
En 2000, le crash touchait des entreprises sans revenus. En 2026, ce sont des entreprises rentables dont la valeur future est recalculée. Il s'agit d'une véritable reclassification. Et c'est ici que le paradoxe fondamental du livre est posé.
Le vibe-coding : Cursor atteint 500M$ en 12 mois, Lovable 100M$ en 8 mois. L'avantage concurrentiel du code s'évapore.
Copilot assiste, l'agent agit. Monday.com remplace 100 SDR. Le modèle per-seat s'effondre mécaniquement.
Une simple barre de texte remet en question des milliards investis en UX. Du GUI au NLI, le paradigme bascule.
MCP, A2A, ACP : les protocoles qui transforment le vendor lock-in en portabilité totale. La bataille de l'ère agentique.
14% des CFOs seulement mesurent un ROI de l'IA. Les pipelines s'allongent, le doute s'installe, et les éditeurs RH licencient à cause de l'IA.
Carrefour × ChatGPT, Claude comme hub central. Les nouveaux concurrents ne viennent plus du même secteur.
Quand tout le monde a les mêmes armes technologiques, la bataille se gagne sur la confiance, la conformité et l'écosystème humain.
Derrière chaque siège facturé, il y a une personne. Les générations qui arrivent, les tâches par lesquelles on apprenait le métier, les compétences qui montent, et la question que personne ne pose : qui forme, et qui paie ?
Quatre scénarios pour 2030 : de l'IA comme système d'exploitation au SaaS augmenté. Jensen Huang : « Every SaaS company will become agentic-as-a-service. »
Septembre 2026 à janvier 2027 : l'enquête continue.
Pas au sens où le marché l'a craint début 2026. Deux dynamiques opposées portent le même nom. L'IA intégrée au logiciel le rend plus rapide et plus utile. L'IA qui existe en dehors du logiciel, vibe-coding et agents autonomes, permet parfois de s'en passer. Le débat public confond les deux.
Le nom donné à la chute boursière du secteur logiciel début 2026, au cours de laquelle environ 2 000 milliards de dollars de capitalisation se sont évaporés en quelques séances. Le terme désigne aussi la remise en cause d'un modèle économique vieux de vingt ans.
Deux expressions forgées dans le livre. L'IA du dedans désigne l'intelligence artificielle intégrée au logiciel par son éditeur. Elle renforce le produit. L'IA du dehors désigne celle qui existe à côté du logiciel et qui permet d'en fabriquer un soi-même. C'est elle qui menace le modèle.
Il permet de produire très vite une application qui fonctionne. Il ne produit ni la conformité réglementaire, ni la piste d'audit, ni la sécurité, ni la responsabilité juridique qu'un éditeur assume. Le vibe-coding ne tue pas le logiciel. Il tue l'avantage concurrentiel du code.
Ceux qui détiennent des données que personne ne peut reconstituer, ceux qui portent une charge de conformité lourde, et ceux qui s'appuient sur un écosystème humain de partenaires et d'intégrateurs. Le logiciel de demain ne sera pas celui qui fait le plus de choses, mais celui en qui on a le plus confiance.
Mickaël Mina, Directeur Stratégie IA. Il observe la transformation depuis l'intérieur d'un éditeur de logiciels coté en bourse et présent depuis quarante ans.
Une première édition a été tirée pour le 81e Congrès des experts-comptables en septembre 2026, une deuxième pour Adopt AI en décembre 2026. La version officielle paraît en librairie en Avril 2027, chez Dunod.
mickael.mina@sage.com